

Chez
Césaire, être noir renvoie à une histoire transcontinentale, et avant tout
à l'Afrique qui fut la source d'une Diaspora éclatée à travers le monde.
Aimé Césaire, Nègre je suis, nègre je resterai,
Entretiens avec Françoise Vergès, Ed. Albin Michel
Il y a quelques
années quand James Carlès est venu me parler de son projet de centre de
formation à Toulouse, j'ai tout de suite senti qu'il était de ceux qui
réussissent et je me suis dit « formidable, ce centre va être un pôle de
résistance de la culture noire de l'intérieur, en adéquation avec le travail
que l'on fait ici au Sénégal ».
Les idées
bouillonnaient déjà dans nos têtes.
Il s'inquiétait
aussi déjà, ayant fait quelques stages de danses africaines avec moi, de la
transmission de ma technique de danse africaine moderne qu'il trouvait
spécifique par rapport aux techniques occidentales et américaines qu'il
maîtrise parfaitement.
Les idées ne
meurent jamais mais prennent quelque fois du temps pour se réaliser.
Lors de la première
rencontre des chorégraphes de la Diaspora et de l'Afrique en mai 2007 à l'Ecole
des Sables nous avons abordé la question de la définition de la Danse Noire qui
englobe les différents courants de pensées des artistes noirs d'Afrique et de
la Diaspora.
« La Danse
noire est toute pratique qui s'inspire soit des danses locales et patrimoniales
originaires directement du continent d'Afrique, soit des danses dérivées du
continent africain, soit des danses qui trouvent une inspiration mythique,
spirituelle issue de l'imaginaire et du savoir africain ! Elle n'est pas
le monopole du continent africain, ni des africains d'Afrique. La danse noire
est le produit de tout artiste qui a lien de descendance avec l'Afrique et qui
s'inspire soit matériellement, soit spirituellement du continent africain.
Cette définition se
distingue de la danse noire américaine. La danse noire définie par nous n'est
pas produite uniquement par des noirs ou pour des noirs !L'appellation danse
noire est une dénomination autant artistique que politique... » - Patrick Acogny
James est soucieux
du travail de mémoire et de résistance, en réalisant un travail exceptionnel de
répertoire et de transmission des œuvres des chorégraphes noirs d'Amérique et
d'Afrique.
Je suis fière et
heureuse d'être la marraine de Danses et Continents Noirs et je souhaite tout
le succès que cette initiative mérite.
Je suis heureuse de
voir que la danse réunit les noirs de tous les continents.
Germaine Acogny
Marraine du Festival Danses et Continents Noirs