

La billetterie du festival est ouverte !! Vous pouvez dès à présent acheter vos places à l'accueil du Centre James Carlès (51 bis rue des Amidonniers 31000 Toulouse) ou sur place lors des représentations.
Découvrez le programme complet du festival ici
L’année 2011 peut être qualifiée « d’année du bain commémoratif » pour les « Afro descendants ». Le terme Afro-descendants s’entend ici dans sa dimension à la fois anthropologique et surtout culturelle. En effet c’est l’année ou l’on célèbre non seulement « l’ensemble des valeurs de civilisation du monde Noir », mais aussi son histoire, sa mémoire, son patrimoine culturel, intellectuel, scientifique, technique, artistique, etc.
La treizième édition du festival « Danses et Continents Noirs » est une édition particulière, car elle se déroule dans un contexte d’addition de « mémoires croisées et fragmentées ». L’année 2011 c’est :
> « L’année des personnes d’ascendance africaine », proclamée par l’UNESCO,
> « L’année des Outre-mer français », voulue par le gouvernement après la contestation sociale et culturelle de février 1999 dans les régions d’Outre-mer,
> « L’année des 10 ans de la loi du 21 mai 2001 », déclarant la traite négrière et l’esclavage comme crime contre l’humanité,
> L’année du dixième anniversaire de la mort de Léopold Sédar Senghor, chantre de la négritude,
> L’année où l’on commémore la vie, l’œuvre, la pensée d’Aimé Césaire (autre chantre de la négritude), notamment avec son entrée le 06 avril 2011 au Panthéon de la République.
La treizième édition du festival « Danses et Continents Noirs » se déroule dans ce contexte et participe avec grande joie à cette reconnaissance de la culture des Afro-descendants. Cette convergence exceptionnelle d’évènements nous conduit à porter un regard sur notre société à travers le prisme de la négritude ; négritude élaborée pour défendre des valeurs que l’on retrouve aujourd’hui dans les concepts suivants : liberté ; enracinement ; singularité ; dialogue des cultures autrement dit inter-culturalité ; vivre ensemble ; diversité ; respect ; dignité ; écoute ; non assimilation ; beauté, etc.
L’utopie de la négritude était d’imaginer une société où chacun s’enrichit des différences, sans renoncer à soi-même, sans nier sa propre histoire. Une société où les singularités s’additionnent, où les mémoires et les patrimoines se conjuguent, où il n’y a pas de dominants et de dominé(e)s, où chacun est fier et peut puiser dans le pot commun d’une histoire dense et plurielle.
Le concept de négritude fait il encore sens aujourd’hui ?
Au-delà de sa spécificité, a-t-elle une portée universelle ? Que pense la jeunesse de ce concept ? Peut elle s’en emparer, se l’approprier ?
La négritude a-t-elle contribué au développement de la société française en matière d’altérité ?
La pensée de la négritude peut elle inspirer ou nourrir les réflexions actuelles sur la refonte des politiques culturelles en matière de diversité, de différences culturelles, de respect et de la représentativité des imaginaires ?
Pourquoi ce concept n’est-il pas plus visible dans les productions chorégraphiques actuelles ?
Telles sont les questions qui nous ont conduits à construire la programmation de cette nouvelle édition. Elles sont déclinées dans les diverses actions du festival et dans le colloque qui réunira politiciens, universitaires, acteurs culturels et pratiquants, chercheurs et citoyens militants.
Les spectacles présentés lors du festival -du hip hop au Jazz, de la danse contemporaine à la danse moderne, de la techni’ka à la danse africaine- sont irrigués directement ou indirectement par cette pensée.
« Danses et continents noirs », c’est aussi l’opportunité de suivre des stages qui non seulement s’attachent à transmettre avec la plus grande rigueur les fondements techniques et spirituels des danses, mais révèlent également leur singularité et leur universalité : les danses jazz, la hype, la break dance, la house dance, la capoeira, l’afro-cubain, la salsa, le ndombolo, le coupé décalé, le ragga, les danses traditionnelles d’Afrique Centrale, de l’Ouest et de l’Est, le gwo Ka de la Guadeloupe…. la musique et les chants.
En outre, le festival, est une invitation à découvrir des films documentaires de cinéastes militants et engagés sur des questions de société. Les films proposé seront nourris des thèmes suivants : Hip-hop et quartiers : panorama, bilans des politiques culturelles sur cette esthétique, perspectives…, et un documentaire autour du thème Gwo ka et identité française, un métissage « territorialisé»
Enfin, « Danse et continents noirs » est ponctué de conférences débats, de soirées pour faire la fête, danser, bavarder, se taquiner, bien manger et bien boire (surtout ne pas confondre avec « trop » boire !),
Nous vous invitons chaleureusement à venir participer à la conversation !
James Carlès, Directeur artistique